Notons tout d’abord que le mariage, considéré indépendamment du sacrement, n’est pas un contrat semblable aux autres contrats. Alors que les contrats ordinaires peuvent être révoqués par le consentement des parties contractantes, le mariage implique un engagement définitif que rien ne pourra briser, sinon la mort de l’un des conjoints. C’est qu’en effet, par le mariage, l’homme et la femme se vouent et se consacrent ensemble à une institution qui les dépasse et qui les lie tout à la fois : l’institution familiale. La société familiale repose sur le don mutuel qu’ils se sont faits l’un à l’autre devant Dieu et c’est pourquoi ce don a une valeur sacrée et définitive.

Pour les chrétiens, sacrement et contrat sont une seule et même chose. Du fait que l’homme et la femme prennent Dieu à témoin en se donnant librement l’un à l’autre, ils se confèrent mutuellement le sacrement de mariage. Le prêtre n’est là que pour bénir les époux, assister comme témoin, au nom de l’Église aux promesses qu’ils se font pour constater si elles sont sincères et libres et s’ils sont dans les conditions requises pour recevoir les grâces du sacrement.

La loi civile, malgré ses prétentions, n’a aucun pouvoir direct sur le lien conjugal, lequel dépend uniquement de la libre volonté des contractants. Ce n’est donc pas l’officier civil qui marie les conjoints, mais eux-mêmes qui restent seuls responsables de leur détermination.

L’officier d’état civil, le maire dans l’occurrence, se contente de constater l’existence et la validité du contrat afin d’en tirer les conséquences qui en résultent, notamment en ce qui concerne les biens des époux, leur situation juridique et celle des enfants. Ayant constaté le mariage, la société civile est tenue de protéger la société familiale qui vient de se fonder et d’intervenir au cas où il y aurait lieu de suppléer aux défaillances et aux abus toujours possibles des parents.

C’est donc par un excès de pouvoir que la société civile s’est arrogé le droit de faire et de défaire les mariages. Le divorce et le mariage des divorcés sont en contradiction flagrante avec les exigences du contrat sur lequel repose la société familiale.

Est-ce à dire que tous les mariages soient valides ? Non, il y a des cas où il y a seulement apparence de mariage. Dans ce cas le mariage est nul de plein droit et l’Église en prononçant ces nullités de mariage ne détruit pas un lien existant, elle se contente de constater que les conditions nécessaires pour que le lien soit valable n’existaient pas.

Voici quelques-unes des conditions nécessaires à la validité d’un mariage : la liberté morale des contractants au moment de l’engagement ; la certitude qu’il n’y a pas eu erreur sur l’identité de la personne épousée ; le pouvoir d’accomplir normalement l’acte conjugal ; l’absence de liens de parenté à un degré proche ; l’accomplissement des formalités requises par le droit canon comme la présence de témoins, etc.

Parce qu’il est un sacrement, institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ, le mariage confère aux époux des grâces spéciales qui leur permettront, s’ils sont fidèles, d’accomplir leur vocation d’une manière parfaite et sanctifiante.

Mais pour que la grâce du sacrement soit agissante, pour qu’elle produise tous ses fruits, au cours de l’évolution de la vocation familiale, il faut que les conjoints soient sincèrement croyants, et s’appliquent à pratiquer aussi parfaitement que possible les engagements et les obligations qu’ils ont contractées en se mariant.

On le voit, la déclaration de nullité d’un mariage par l’Église n’a aucun rapport avec le divorce prononcé par un magistrat civil. Par le divorce, l’État prétend briser une union légitime et autoriser les intéressés à se remarier. L’Église se contente de déclarer qu’un prétendu mariage n’a jamais existé. Les procès en nullités doivent être engagés devant l’officialité du diocèse. Il n’est demandé aucun frais aux époux indigents.

Si par un mensonge implicite, les époux recevaient le sacrement de mariage avec de mauvaises intentions, comme, par exemple, celle de recourir au divorce en cas de mésentente, ou de se refuser au devoir de la procréation, non seulement ils n’en recevraient pas les grâces, mais ils commettraient un sacrilège.

Mais pour peu que les époux entrent dans le mariage en état de grâce, après une confession sincère et avec la bonne volonté d’y remplir leurs devoirs aussi parfaitement que possible en gardant l’union des cœurs, en veillant à la bonne éducation des enfants et en observant les lois de la chasteté conjugale, ils sont en droit d’attendre des grâces du sacrement toutes les forces et toutes les lumières qui leur seront nécessaires au cours de leur vie conjugale.