S’il y a tant de mariages qui ne réussissent pas, c’est qu’ils n’ont pas été préparés et que ceux qui se sont unis n’en avaient pas compris les exigences morales et spirituelles. C’est un préjugé courant que l’amour naît et disparaît sans qu’on sache comment et sans qu’il y ait la faute de personne.

La vérité est toute autre. Si l’apparition de l’amour est toujours le résultat d’une rencontre fortuite ou préparée, sa durée et sa profondeur dépendent de la valeur des âmes et de la manière dont elles se seront préparées à aimer.

Ce n’est pas, pour un jeune homme, se préparer à aimer que de multiplier les plaisirs sensuels au cours de son adolescence. Ces faux plaisirs que l’on prétend justifier par l’odieux proverbe : « il faut que jeunesse se passe », développent des habitudes de jouissance égoïste et sans responsabilité qui auront pour résultat de diminuer le respect dû à la femme et à soi-même. En donnant libre cours aux instincts inférieurs, les adolescents diminuent d’autant les délicatesses du cœur et les pouvoirs de la volonté.

Se préparer à aimer, c’est apprendre à se respecter soi-même et à se faire respecter par l’autre sexe ; c’est forger sa volonté en vue des obligations futures ; c’est aimer par avance celle qui est encore inconnue, par une fidélité anticipée ; c’est conquérir les qualités de courage, de loyauté, de maîtrise de soi et de dévouement sur lesquelles s’appuiera un jour le cœur de la femme.

Pour la jeune fille, se préparer à aimer, c’est habituer son cœur à toutes les délicatesses du dévouement. Ce n’est pas apprendre à aimer que de provoquer et de troubler le sexe fort par tous les jeux de la coquetterie ; multiplier, par le flirt, les fausses émotions de la sensibilité : rêver à des passions amoureuses irréalisables. 

Le cœur ne vit que par le don de soi. Or pour apprendre à se donner, la jeune fille devra s’exercer au dévouement sous toutes ses formes. Celle qui n’aura pas su s’oublier au cours de son adolescence, ne saura pas s’oublier dans la vie familiale.

L’amour ne vit qu’autant qu’il est un enrichissement mutuel de l’homme par la femme et de la femme par l’homme. Beaucoup de mariages échouent parce que ceux qui se sont épousés ne possédaient pas les qualités qui auraient enrichi et épanoui l’âme de leur conjoint.

C’est pourquoi jeunes gens et jeunes filles doivent s’appliquer à développer au maximum, pendant leurs années d’adolescence, les qualités propres à leur sexe.

L’homme
 doit se forger une personnalité forte et courageuse, un jugement droit, une conscience loyale ; conquérir les qualités qui donneront à la femme le sentiment qu’elle peut s’abandonner avec confiance à la droiture et à la générosité de son mari.

La femme
 doit développer en elle toutes les délicatesses du cœur ; conquérir les qualités de maîtresse de maison et se montrer apte à tous les actes qui rendent le foyer aimable et attrayant.

L’un et l’autre devraient se préparer à bien élever leurs enfants en se dévouant, pendant leur adolescence, aux œuvres de formation de la jeunesse

Quelques ouvrages permettront aux jeunes gens de faire d'indispensables lectures. Citons "Casti Conubii" (SS Pie XI), la "Catéchèse catholique du mariage" du RP Barbara, le numéro 54 de "Savoir et Servir" sur la famille, le numéro 86 des Cahiers Saint-Raphaël "Pour un mariage chrétien", "Amour ou sexualisme" de Jean Ousset...