Parmi les vocations auxquelles les hommes sont appelés par la Providence, le mariage est l’une des plus nobles et des plus élevées.

Par le mariage, l’homme et la femme deviennent les collaborateurs de Dieu dans la procréation des enfants ; ils sont appelés à se sanctifier mutuellement ; ils reçoivent, en même temps, la mission de former, par l’éducation, le cœur, l’intelligence et la volonté des enfants qui leur sont confiés, jusqu’au jour où ceux-ci sont enfin capables de se conduire par eux-mêmes.

Parce que Dieu est amour et qu’il a créé le monde par amour, il n’a pas voulu que les enfants naissent autrement que par l’amour que l’homme et la femme se vouent l’un à l’autre pour la vie entière.

C’est pourquoi l’amour doit être considéré avec un respect religieux. N’est-il pas consacré par un sacrement : le sacrement du mariage ?

Dès lors l’homme et la femme doivent se préparer longuement à l’avance, pendant leurs années d’adolescence, à la sublime vocation qui va faire d’eux les collaborateurs des œuvres divines.

Pour s’y préparer, le jeune homme devra garder son corps dans la chasteté, apprendre à respecter la femme, acquérir les qualités sur lesquelles pourra se reposer en toute confiance le cœur de celle-ci. La jeune fille devra être réservée, veiller à la garde de son cœur, ne pas chercher des émotions sentimentales sans lendemain, mais s’habituer à des missions de dévouement et de générosité en commençant par sa propre famille.

L’amour n’est pas une satisfaction des sens ; pas plus qu’un rêve romanesque. Il est un sentiment fort et profond, le don généreux et durable d’un seul homme à une seule femme et d’une seule femme à un seul homme. Il exige que chacun donne à l’autre le meilleur de soi, s’applique à lutter contre les défauts qui font obstacle à l’harmonie conjugale, conquiert les qualités et les vertus qui enrichissent l’amour et lui donnent toute sa valeur morale et spirituelle.

Le véritable amour ne se confond pas, comme le croient trop souvent les jeunes, avec une béatitude sans mélange. Il est fait de joies et de peines, d’épanouissement et de sacrifices. Ceux qui prétendent n’en prendre que les joies, le tuent par avance ; alors que ceux qui en acceptent les charges et les soucis le garantissent contre les égoïsmes de la passion et les difficultés de la vie.

L’amour conjugal n’est pas une invention humaine. Il est voulu de Dieu. C’est le détourner de son but naturel que de n’y chercher que la satisfaction des désirs passionnels, sans se soucier de donner la vie à des enfants et de se consacrer ensemble à leur éducation avec le meilleur de soi-même.