Le choix de l’époux et de l’épouse est d’une importance primordiale, car il ne faut pas oublier qu’il engage définitivement l’avenir.

De lui dépend le bonheur ou le malheur du futur foyer, la vie morale et spirituelle de la famille.

Le choix peut être faussé de bien des manières. D’abord parce que l’on se préoccupe davantage des qualités physiques que des qualités morales. Le plaisir que l’on escompte en présence d’une «belle personne» enlève à l’esprit sa liberté d’examen et de jugement; il empêche de voir la personne telle qu’elle est, avec ses qualités et ses défauts ; il nous porte à oublier que les satisfactions des sens sont variables et inconstantes et que le bonheur réside bien davantage dans l’union des cœurs et des volontés soucieuses d’un même idéal moral.

Les considérations d’argent, les vanités sociales ne sont pas moins dangereuses quand il s’agit de se lier pour toujours. S’il convient de ne pas faire fi des problèmes d’argent et de situation quand il s’agit de fonder un foyer, les époux se prépareraient les pires désillusions s’ils se décidaient au mariage pour satisfaire de simples vanités sociales ou par goût de l’argent sans se préoccuper de mettre au premier plan les considérations morales, ciment de l’amour conjugal.

Si l’attrait physique doit avoir sa part dans le choix d’un conjoint, la valeur morale de la personne doit toujours être placée au premier plan. C’est pourquoi des renseignements sérieux et sûrs devront toujours précéder la décision finale.

Il est nécessaire que les parents ou, à leur défaut, des personnes de toute confiance, aident leurs enfants à se renseigner sur les antécédents des candidats et de leur famille au point de vue moral et religieux. Ils ne doivent pas négliger la question santé.

Nul n’a le droit dans une question d’où dépendent de futures existences d’agir sans s’être entouré de toutes les garanties possibles et sans s’être assuré des aptitudes morales et physiques de la personne à la création d’une famille saine. Il n’est pas rare que des personnes, sans scrupules, désirant se faire épouser déguisent plus ou moins leurs vrais sentiments.

Encore que l’on n’épouse pas la famille et le milieu social de la personne choisie, ce serait agir avec la plus grande imprudence que de se décider au mariage sans s’être assuré au préalable que les habitudes de son milieu et son éducation ne seront pas de nature à provoquer des conflits et des incompréhensions.

Mais si la bonne entente exige avant tout la compréhension mutuelle, il est des harmonies secondaires qu’il serait dangereux de négliger. La différence du milieu social, de l’éducation reçue, la disproportion des fortunes sont autant d’éléments qui peuvent provoquer des gênes et des malentendus qui troubleront l’aisance des rapports quotidiens. Ce serait une erreur psychologique de croire que l’amour se suffit à lui-même et que les détails de la vie ne peuvent exercer sur lui aucune influence en bien ou mal.

L’une des conditions essentielles à la bonne harmonie conjugale est la communauté de l’idéal moral et des convictions religieuses. Avant de s’engager dans les liens du mariage, les intéressés devraient toujours s’assurer qu’il y a concordance dans leur manière d’envisager les grands problèmes de la vie. Jamais ne pourront s’accorder ceux qui envisagent la vie comme un amusement et ceux qui la considèrent comme une vocation ; ceux qui ne partagent pas les mêmes principes de morale conjugale ; ceux qui ont des convictions religieuses et ceux qui n’en ont pas.

Si les époux ne veulent pas se préparer des désaccords tragiques et des souffrances sans issue, il leur faut, avant même le mariage, s’être mis d’accord sur les grandes directives à donner à leur idéal conjugal et familial. Une même direction morale est le fondement le plus sûr de la bonne entente conjugale.

S’aimer, c’est orienter ensemble le présent vers un idéal dont on cherche, en commun, la réalisation.

Le problème de la concordance des convictions morales et des croyances religieuses prend toute son importance quand il s’agit de l’éducation des enfants et de l’influence à exercer sur leur conscience. Quelles divisions dramatiques quand chacun des époux prétend faire passer dans l’âme de l’enfant des convictions contraires à celles de son conjoint.

Malgré les préjugés courants, nous croyons que le mariage entre personnes de caractère différent, voire opposé n’est pas toujours à déconseiller. Il n’est pas rare que des caractères différents soient complémentaires et s’harmonisent dans la mesure même où ils ont besoin l’un de l’autre.

Faut-il opposer les mariages de « cœur » et les mariages de « raison » ? Assurément non, car ce serait laisser entendre que le cœur a le droit d’être déraisonnable et que la raison peut décider indépendamment des sentiments.

Les mariages présentant les plus grandes chances de réussite sont ceux dans lesquels le cœur et la raison se sont harmonieusement compris et entendus.

Le mariage n’est pas une loterie, mais un acte libre, dans lequel, après avoir prié Dieu et examiné toutes les circonstances, la volonté se décide en pleine connaissance de cause.