Cette limitation, si elle est appuyée sur des raisons valables, pose, pour les époux, le difficile problème de leurs relations conjugales. Ils savent que la morale réprouve les unions conjugales frauduleuses. Dès lors ils s’appliquent à les éviter et, pour se fortifier, contre leur propre faiblesse, ils cherchent dans la prière et la pratique des sacrements les secours qui leur sont nécessaires.

Pour éviter que la continence ne nuise à leur bonne harmonie conjugale et à leur équilibre moral, ils multiplient l’un vis-à-vis de l’autre les attentions et les délicatesses du cœur et cherchent ensemble un dérivatif aux exigences de la chair dans un plus grand dévouement vis-à-vis de leurs enfants et de leur éducation.

Gardant d’ailleurs le droit de se donner l’un à l’autre des marques de tendresse en veillant à ce que celles-ci tendent davantage à l’union des cœurs qu’à celle des corps, ils ne se troublent pas si ces tendresses ont provoqué involontairement quelque excitation d’ordre sexuel, ces excitations n’ayant pas été cherchées et voulues pour elles-mêmes. D’ailleurs ils se confieront loyalement à un directeur de conscience éclairé et s’aideront mutuellement à mettre ses avis en pratique.

N’étant pas parfaits et la pratique de la loi conjugale exigeant de longs et difficiles efforts, ils ne se laisseront pas décourager par des faiblesses toujours possibles. Ils les avoueront humblement et continueront les efforts qui les mèneront peu à peu vers un état meilleur et plus parfait.

L’Église, qui continue la miséricorde de Jésus-Christ, garde pour le pécheur de bonne volonté la plus grande indulgence pourvu que celui-ci reconnaisse humblement ses faiblesses et s’efforce d’en triompher.